Des victimes témoignent

Toutes ces personnes qui ont travaillé pour nous ont été d’une efficacité rare. C’est rassurant de savoir que ce Fonds de Garantie existe.”
Vincent Meyer, victime de l'attentat de Nice
Vincent Meyer

Vincent Meyer, victime de l’attentat de Nice, revient sur sa prise en charge. Écoute, efficacité et estime sont les trois mots qui l’ont accompagné tout au long de son parcours d’indemnisation.

Vincent Meyer était sur la Promenade des Anglais lorsque le camion du terroriste a foncé sur sa famille. Agissant par réflexe, il parvient à écarter ses proches de la route du camion. Deux ans après l'attentat, il revient sur sa prise en charge et sur le rôle du Fonds de Garantie dans son accompagnement.

Le contexte

Originaire de la Moselle, Vincent Meyer, 56 ans, vit à Nice depuis 2013 (à quelques minutes du lieu de l’attentat) où il s’est installé avec son épouse à la suite d’une mobilité professionnelle. Lui, sociologue et professeur à l’université Nice Sofia Antipolis, son épouse, infirmière, ainsi que sa fille et son compagnon se trouvaient sur la promenade des Anglais quand le camion meurtrier leur a foncé dessus à la suite du feu d’artifice du 14 juillet 2016. Avec encore beaucoup d’émotion dans la voix et des mots choisis, il revient sur ces quelques secondes d’horreur : "C’est au moment même où ma fille a voulu faire demi-tour à cause de la foule que nous avons rencontré le camion blanc. J’ai tiré mon épouse qui est tombée sur le sol et le camion a frôlé ma fille de si près qu’elle a vu le chauffeur dans l’habitacle et a réussi à le décrire avec précision." Vincent et son épouse ne retrouvaient plus leur fille, et n’avaient pas de téléphone portable pour la contacter. Il leur a fallu plusieurs minutes pour réaliser que toute la famille était saine et sauve, mais aussi pour prendre la mesure de l’événement. Ce qu’ils ont vu autour d’eux était abominable.

La prise en charge

Vincent raconte aussi la prise en charge des blessés, exemplaire selon lui : "J’ai pensé à tous les employés communaux, les policiers, les ambulanciers et médecins qui ont fait un travail remarquable." Quelques jours plus tard, Vincent et ses proches se sont rendus à la cellule d’urgence médico-psychologique pour une première prise en charge. Dès le premier rendez-vous, il s'est senti écouté : "Dans la cellule d’urgence, durant tout l’accompagnement du Fonds de Garantie, jusqu’au dépôt de plainte, nous avons été écoutés. C'était primordial, nous portions alors un sentiment proche de la culpabilité par rapport à ceux qui n’ont pas eu notre chance. On cherche des mots pour stabiliser quelque chose d’impensable."
Cette notion d'écoute émaille tout son récit. Les personnes rencontrées au cours de son parcours de victime ont fait preuve d’une sincère empathie. Les différents échanges téléphoniques avec la chargée d’indemnisation lui ont aussi été d’une grande aide.

Vincent insiste sur l’efficacité des différents acteurs et du Fonds de Garantie, qui l'ont accompagné dans les démarches administratives : "Je sentais une véritable volonté de défense de nos intérêts, impossibles à estimer en tant que victime. Toutes ces personnes qui ont travaillé pour nous ont été d’une efficacité rare. C’est rassurant de savoir que ce Fonds de Garantie existe, face à tous les défis et menaces qui sont encore là et bien présents."

Grâce à cet accompagnement, Vincent prend conscience de son statut de victime, des possibles conséquences graves, du traumatisme. "On se dit qu'on a eu de la chance mais on en a presque honte. Partager ce statut de victime avec d’autres, voir comment le Fonds de Garantie agit et comment la solidarité du public s’est mise en place, ça vous redonne une estime de vous qui est différente. C'est un travail qu'on ne pourrait pas faire soi-même."

Aujourd’hui, Vincent et ses proches ont été indemnisés par le Fonds de Garantie pour les blessures psychiques subies. Cette indemnisation lui a aussi permis de tourner la page, même si cela ne signifie pas que les traumatismes sont guéris.

Nous avons rencontré des gens extraordinaires, adorables, qui nous ont pris en main et accompagnés. Aucune somme ne nous permettra d'oublier, mais se sentir entourés, dans de tels moments, ça fait chaud au cœur.""
Ecouter le témoignage
François Jamais, victime de l'attentat de Nice
Partager cet article